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Rêve
Un texte de Wikipen.
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| Je vais voir Lucien, lui demander s'il est toujours perdu dans son chagrin.
Je vais voir si ce matin l'ivraie est enfin séparée du bon grain.
Je me rends à la carrière et me présente à la prière.
Je marche à l'envers ainsi il n'existe aucune barrière.
Je réunis le monde en supprimant les frontières.
Je vais voir si derrière elle est prête, ma pierre.
Le sculpteur me dit de revenir plus tard il n'est pas encore l'heure.
Je lui offre un bouquet de fleurs.
Je vais voir l'enfant, seul il a peur.
Il est content et laisse jaillir sa bonne humeur.
Je vais courir sur la dune faire envie et rendre jalouse la lune.
Derrière je vois mon âme, un ange qui danse autour de moi.
Je discute avec elle pendant des années, des jours, des mois.
Je coupe à travers champs, m'écorche en passant sous un porche.
Ce n'est pas méchant, je m'abaisse et remplis de roche mes poches.
Je rentre station Brochant et je descends à Foch.
Je vais en chemin, je traverse l'océan et mes pieds se posent sur un îlot.
Je secoue un cocotier, un écureuil me regarde de tout son orgueil.
Seul j'effeuille un trèfle jusqu'à ce que l'ennui me cueille.
Je vais voir la déesse avec le sourire elle m'accueille.
Elle est belle et lorsque je la quitte c'est avec tristesse.
Je vais du côté des ombres et rencontre deux gargouilles.
Ce sont les gardiennes du cimetière dans lequel je fouille.
Je nourris l'espoir incertain d'y trouver ma dépouille.
Je sors et arrive dans la foule de la rue qui grouille.
Je tourne à gauche et traverse le pont qui enjambe le fleuve.
De l'autre côté dans la campagne des moutons s'y abreuvent.
Je grimpe dans le vieux chêne alors que les éclairs pleuvent.
La foudre me frappe en plein cœur et je disparaîs.
J'ai mal au crâne et me redresse péniblement dans la forêt.
Des loups m'encerclent et mon amie la chouette les effraie.
Je quitte les bois par l'orée et vais voir la fée dans les marais.
Elle me chante un air accompagné par sa flûte enchantée.
Je danse, je tourne et virevolte sur moi-même, je m'envole.
J'atteint les cieux et découvre mille et un lieux hantés.
Les esprits me suivent en une longue traîne jusqu'au sol.
Je les abandonne et vais au lac piquer une tête.
Je nage puis plonge dans les abysses.
C'est la fête.
Je glisse.
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