Rendez-vous à Port Nawak
Un texte de Wikipen.
Les faits reportés ici sont imaginaires et le nom du personnage est inventé. Toute ressemblance avec des événements liés à des homonymes du personnage ne serait que fortuite.
La saison de la traite tirait à sa fin. Pierre-Emmanuel de Bainville allait regagner sa maison confortable de Port-Nawak tandis que ses trappeurs prendraient quelques jours de débauche dans les bouges de la ville. Les grizzlys avaient été assez violents cet hiver et leur avaient donné pas mal de fil à retordre. Les traques difficiles dans une neige inhabituellement abondante avaient épuisé les hommes et Pierre-Emmanuel de Bainville avait dû faire augmenter les rations pour conserver un moral suffisant.
Il allait devoir rendre compte de ses frais supplémentaires... mais la quantité de peaux ramenées devrait calmer les récriminations des actionnaires de la Compagnie de Traite de Port-Nawak. Il était habitué à présenter les informations sous leur jour le plus favorable lors de la présentation du registre de traite. Et puis le récit des aventures hivernales suffisait encore à mystifier ces braves commerçants de la Rochelle, plus au fait des choses de la mer qu'à celles des grandes forêts canadiennes.
À Port-Nawak, Pierre-Emmanuel de Bainville allait aussi retrouver sa femme Elisabeth et sa fille Louise. La petite avait 6 mois lors de son départ. Elle allait fêter son premier anniversaire dans quelques jours. Il avait eu de ses nouvelles il y a quelques semaines en croisant Aldric Saint-Paul, un chercheur d'or de Port-Nawak, à la Baie des Ivresses. Il était le parrain de la fillette. Il y a quelques années, ils avaient pris le même bateau pour partir à la conquête du Nouveau Monde. Aldric Saint-Paul allait y retrouver son frère et ils se séparèrent sur le quai du Saint-Laurent. Mais la colonie était encore petite et ils se voyaient fréquemment. Elisabeth et Charlotte, la femme d'Aldric Saint-Paul, s'entendaient très bien et les rires fusaient fréquemment dans leurs conversations.

