Une émotion intense
Un texte de Wikipen.
Dans l'espace, lasse, lasse de voyager, lasser de voler, je me laisse, lasse, je me laisse glisser sur le dos rond, le dos rond de la colline. Que la colline est belle ce dimanche, comme une carapace, ronde et lisse, si lisse, rien ne la plisse. Elle frémit parfois, à peine, si doucement, elle frémit sous l'effet d'un souffle léger et tiède, une brêve brise de printemps. Au creux de la colline, dans la vallée sibylline, j'entre, j'entre à pas feutrés, j'entre dans le noir, je m'avance avec espoir au coeur de la forêt. L'air est tiède ce dimanche, tiède et humide, à mon passage les herbes bruissent, s'agitent puis retombent, elles aussi épuisées. L'air est calme maintenant, on n'entend plus le chant du crépuscule, et la nuit nage lentement, elle sait la violence des heures de l'été.
Puis soudain tu te lèves, fière, heureuse et empressée, mes collines me quittent, mes herbes folles, mes vallées... Tu te retournes en riant, fière et tellement belle, tellement belle... Tu le sais n'est-ce pas ? Tu le sais ? Oui tu le sais. Tu souris dans le noir, tu souris dans le jour, tu souris à l'amour, ivre de ta beauté. Si seulement tu savais combien je t'aime.

