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Une étrange ère
Un texte de Wikipen.
- Chère Fleur,
- Je ne crus jamais connaître l’ivresse, pour noble que soit ma cave, ainsi que tant de profondeur d’une étrange ère, la tienne. J’aime les courses de fond, leur fuite, elles nous tiennent à distance… des couacs.
- Il se peut que ma lettre te secoue, non que je la voulusse effrayante mais parce qu’elle fleure bon l’audace. De ne point nous connaître en est une qui ruisselle, d’audace, aux aguets sont les autres, minutieuses ; et dans ce félin contexte, que ma plume t’aille, mue par l’air joué, m’enchante, tandis que tes yeux plein d’encre sont la tienne, d’audace.
- Que fais-je donc dans ce pli sinon vivre crûment ? Mesure mon aplomb, s’agit-il d’équilibre ? Ah si j’étais poète dans ce bas monde, je prendrais ma lyre au pied levé…
- Je t’écris mes vagues
- Qu’un franc souffle harponne,
- Aurais-je assez de mots
- Pour atteindre tes rives ?
- Tu ne cesses de me lire, inquiète, pressée de savoir quelle âme chante. Tu ne trouves rien d’autre, à ce jour, que l'arôme d'un sillage. J'ai goûté à ton coeur par le biais d’un langage, j’ai eu ton adresse par ce verbe, musical. Et tu courres sur ma langue, bel outil, comme l’est le ciel après l’ombre, sa naissance. Tu frôles mon esprit, sauvage, et…
- …et tu es sortie de l’eau, rafraîchie, m’affirmant son délice. J’ai bien voulu le croire, mais par trop j’étais ivre pour plonger sans péril. Mon ciel, le septième, demeura la terre ferme.

