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Une autre

Un texte de Wikipen.

Une énième fois, Blownblue restait là, dans le néant, en proie à lui-même. Par là bouteille d'aléatoire passait, une.
En proie à lui-même. En proie à lui-même. A rien personne d'autre.
C'est l'esprit des volontés qui l'agitait intérieurement... Esprit et volontés qui se créaient en sortes de cris d'être... cris d'être ou mots-phonons, existences matériellement hypothétiques à l'histoire inconnaissable... expression du quasi-rien dans le rien... en quelque sorte...
"Suis-je en train de mourir ?"
Cadavre flottant dans l'espace parmi les rayons C.
"Me sacrifie-t-on ?"
Sacrificielle connerie de la chair dans le rien, repliée sur elle-même.
"Personne ne croit en moi ?"
Dans quelle mémoire trouvait-il encore le concept des mots, va savoir...
"Est-ce à cause de ma couleur, ou de mes pieds palmés, ou de mes entrailles psychologiques ouvertes, ou parce que ma présence vous importune ?"
Parlait-il donc au vide environnant... personnifié en interlocuteur valide ?... De quoi déblatérer pas mal d'inepties insignifiantes :
"Qu’importe ! Ma vie m’enchante et ça me suffit, même si parfois je comble certaines absences par des mots que j’aligne devant mon fidèle éditeur, mon ex-premier lecteur puisque maintenant je vis ici jusqu’à preuve du contraire. Un beau coin ! Pas trop fréquenté mais vivant, c’est ce que j’en ressens malgré ma courte expérience."
Vivant de lui-même... vivant de soi.
"Non, je ne meurs pas. Je me la joue phénix, je renais encore plus beau. J'étends mes pseudopodes dans toutes les directions, j'accueille les diaprures du présent. Je me roule dans la poussière féconde des livres anciens. D'autres espaces vont recevoir aussi ma visite. Ce jour nouveau jour nouveau jour nouveau... laisse échapper tout un cortège de lettres qui vont bientôt s'agencer en mots et en phrases."
Puis il commença à délirer :
"Les printemps défigurés participent aussi aux concours de la plus belle saison organisé par les ‘Planètes Stellaires and Co’. De nombreux lots sont offerts par l’agence de voyage ‘’Va, vis et reviens’’ et d’autres encore par le petits chanteurs à la jambe de bois. La remise des prix se déroulera un tapis rouge derrière le pont en pierre. Portons déjà un toast à nos joyeux concurrents, et je parle ici en mon nom et au nom de tous les étés pourris du siècle passé. Et si par hasard, le hasard n'existait pas ? Et si par hasard, le hasard existait ? Cela ne prouverait pas pour autant que ce n'est pas parce que je ne gagne pas aux jeux d'argent que je ne pouvais pas y gagner. Cela prouverait juste que les tempêtes de mots sont insubmersibles, que les pétunias sont de retour, que les orangeraies ne sont pas pressées, que les mammifères aquatiques sont destinés à d'autres originalités, que les remontrances traduisent d'inconnus subterfuges, que les ecchymoses ne s'ennuient pas et que les réverbères imberbes sont pour la panification des flûtes. "
Un silence, puis une intelligence spontanée :
"Je descend des enfers. Crue est la Vie. Par foi. Et La parole est un champ de ruines. Le vent l'incinère, l'esprit la broie, la martèle, la déforme, le corps la génétise. Le champ de ruine dégénéré se régénère, se décompose les membres, change d'apparence et de système buccal, déflore les sens insoupçonnés de la réalité inerte. Une mine de désert dans un cortège de faux."
Il ouvrit les yeux, l'émotion délirante lui submergea l'intérieur :
...L'espace laisse épris, dit-il...
Sa tête parlait un autre langage, par espace-temps intermittents, tombant du néant comme la pluie des nuages altiers... et lui dit :
"Le sourire a des voeux lents ! La reine carcérale régnant sur les folies n'est qu'une mort procréatrice, aveugle ! Le train superbe des allégations a déraillé dans un tombeau de flèches sues, rares, noyées de CIEL !"
Auquel Blue répondit, comme fronçant sa pensée :
"La plume est un corps traversier de gouffres de folies. La traduction réelle est une telle somme de souffrances que la rigueur s'impose la fuite, ailleurs. Il ne s'agit pas de regarder simplement l'horreur, mais de la vivre. Et ce n'est pas possible. Ou alors, dans une autre nature, zone tampon entre deux mondes. Ce que le cancer mental raconte à tous est une absence de sens dans une profusion verbale. La seule parole intacte n'existe pas d'elle-même, elle se traque, se creuse et s'étaie, se débarrasse de ses multiple peaux dont tous les autres esprits l'ont habillée. Ce qui résiste aux purges véritaires en vue du recouvrement de la vérité incertaine de soi est temporairement un fait, une mentalité, une opinion, un substrat de culture collective... Amen."
Et puis, comme tombant d'un mystère, Une autre voix lâcha, verte et phosphorescente dans les yeux de Blue :
"Les échos de mon cafard cachent leur hymen..."
Phrase à laquelle Blue rebondit comatant, les yeux de son inconscient plongeant sur l'infini des cieux nocturnes, dans un super-amas... s'annihilant la matérialité dans... l'éloignement spatial, en esprit...

Après près d'un an d'attente, sans manger ni boire ni quoi que ce soit de corporel ( on n'est pas dans l'irréel pour rien : c'est une abstraction de la vie ici comprenez-vous ? on va pas se mettre à parler pipi caca prout pour la joie des circonvolutions idéelles sur l'absurdité de l'existence ) ... ( Où en étais-je jeté moi...?... Ah oui : )
Le Signe advint !