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Une averse aphrodisiaque

Un texte de Wikipen.

Nous dormons sous le toit, dans une maison de campagne en travaux - le souffle du vent à travers les ardoises et les insectes multiformes accompagnent nos nuits.

Ce soir-là, sa langue s'enroule autour de mon clitoris en exquis cercles de plaisir dont les ondes parcourent mon corps, ses lèvres se serrent parfois pour titiller le point sensible et ses mains dessinent des hiéroglyphes indéchiffrés sur ma peau.

Je savoure les sensations, mais je sens la fatigue de la journée me submerger, repoussant le besoin de jouissance. Je m'apprête à l'attirer dans mes bras pour dormir, lorsqu'un bruit soudain me fait tressaillir.

Ploc.

Un son bref, caverneux et pointu.

Ploc. Ploc. Plocplocplocploc.

Mes nerfs subitement tendus, j'identifie des gouttes de pluie. Et ramenée au présent, toute ma vigilance retrouvée, les résonnances de l'ardoise soulignent les liquides caresses sur mon sexe.

Plocplocplocplocploc

Ma perception s'étend loin au-dehors, mon esprit recouvre la campagne et chaque goutte atterrit aléatoirement sur mon cou, mes seins, mes mollets, mes hanches.

Plocplocplocploc

Une pluie de sensations suggérées par mon imagination vient recouvrir, seconder, celles que me transmet mon corps. Elles se chevauchent, elles s'accordent, elles se conjuguent.

- "Il pleut sur moi..."

Il sait mes moments d'extase face aux merveilles de la nature, il devine à mon souffle que

Plocplocploc

La pluie est forte maintenant, elle crépite sur le toit - sur ma peau - puis ruisselle...

Plocploc

Sans changer de rythme - surtout pas ! - il accentue ses caresses, tend une main pour englober un sein et sa langue

PLOC


L'averse s'achève doucement au-dehors tandis qu'il remonte pour me prendre dans ses bras, et je m'y blottis comme j'aime le faire après l'orgasme. Nous reprenons notre souffle sans rompre la bulle de tendresse.

Je m'endors en écoutant les ruisseaux éphémères dévaler les collines. Bientôt, ils rejoindront la mer.