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Une cinglante apostrophe

Un texte de Wikipen.

Les nuages ont avalé la terre. Il y a dans le cosmos quelque chose comme une expiration atténuée de glycines. Des marécages qui passent en ondulant des hanches. Sommes–nous bien loin de Montmartre ? Une cinglante apostrophe s’ensuit. Quand les chèvres et les prélats auront fini de dévorer les isthmes, nous pourrons dévider la litanie ensommeillée des échansons. Flûtes traversières restées en travers des gorges du Verdon. Déploiement de patrimoines palpitants dans les granges au plus haut des cieux. Dans la moiteur des valises, je cherche sans acrostiche le vernis bleuté des amandiers. Mais ce qui n’est plus de saison peut toujours se retrouver dans la blibliothèque d’Alexandrie.

Après un long moment indéfini passé entre deux eaux, je me retrouve maintenant devant la porte de la salle des profondeurs spirituelles. Bien accompagné ! Ma chamane notoire me prend déjà la clef des mains et force la serrure. Elle souffle dans un rythme saccadé pour plus de subtilité et… GONG ! Les portes cèdent ! Un appel d’eau nous entraîne à l’intérieur et les portes se retrouvent fermées. Le sosie de l’ouvreuse nous accueille avec sa lampe amphibie. Que fait-elle là ? Sa lumière fait le tour de la pièce. Et sous le brouhaha des, je tourne la tête autour de moi et j’aperçois l’engeance intempestive qui nous contemple avec efficacité. Qui sont ces êtres adamantins et évanescents ? Une pigne apporte aux calligraphes nos mois les plus intimes que nous ne connaissons pas nous-mêmes. La chamane, son sosie et moi, le cordonnier précartésien, liés par d’invisibles certitudes, nous nous débattons et parvenons à nous débâillonner. L’échange d’apostrophes va pouvoir commencer !

A coup sûr, cette salle profondément spirituelle communique par des passages souterrains émollients, à moins que ce ne soit par des passerelles sub–océaniques, avec la GBU. C’est ce que viennent me chuchoter des chauves–souris chavirées mais quelque peu chauvines (ce que je déplore), agitant de grandes palmes académiques pour nous rafraîchir. Dans le vert de leurs yeux se déploient des musiques transgénérationnelles. Mélodies cycliques et cycladiques qui ravissent mon oreille interne. Nous planons à mi–hauteur des murailles. Je flotte entre deux cymbales symétriques, nonchalamment accrochée à un panneau de signalisation qui indique « Wikipen soluble, 350 m ». Le passage des chimères ne devrait pas être trop difficile ; et sinon, nous avons toujours la possibilité de refaire le mystère à l’envers. Mais où est passé mon chien ? Il m’avait suppliée de l’emmener, et voilà qu’il a disparu…

Le chien s’est perdu au milieu de la tourbe qui nous dévisage longuement. Et puis nous n’avons pas besoin de lui pour oxygéner nos poumons. Nous arrivons tant bien que mal par-dessus les nasses volumineuses et obliquons à angle pointillé. Avec ma presque paire de jumelle je regarde l’horizon qui apparaît. Nous devons continuer sans arrière-pensée. Libres ! Nous sommes enfin libres ! Plus pressés de traverser les champs de blé que le couple Veer-Zaara, nous crachons sur nos pieds pour les refroidir et accélérons devant le passé qui nous rattrape. Oubliant nos atermoiements nous sautons de nuage en nuage et rencontrons quelques oiseaux rares et prédestinés. Il n’y a que des phénix par ici. Ils nous accaparent plus longtemps qu’il ne le faut. La sosie de ma chamane se sacrifie et répond à leurs éternelles questions. À deux nous brisons la glace et nous réfugions dans une anfractuosité de série β. Elle fait l’affaire ! Il ne nous reste plus qu’à attendre l’idée d’un subterfuge afin d’éviter les chutes de pierres plus butées que les policiers de Punishment park. Et ce n’est pas moi qui vais l’avoir cette idée puisque je rêve que je dors déjà et que je rêve que je cueille quelques succulentes grappes qui en ont un grain au point de se jeter dans les eaux du détroit de Corinthe.



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