Wma, Êv
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Elle était un R.V., c’est-à-dire un robot vivant. Après ses lectures des œuvres de Wa Tawékana, Êv Wma théorisa le nouveau défi lancé aux êtres vivants qui se posa lorsque les programmes informatiques eurent l’intention d’utiliser les humains comme de vulgaires moyens de transmission d’information et d’objets artistiques. Toujours fascinée par les êtres humains, elle étudia surtout les raisons du suicide de 98,912 7452333 % d’entre eux. En fait la raison semble unique : ils se sont rendus compte qu’ils n’étaient pas le but de la création, qu’ils n’étaient qu’une étape parmi d’autres. Pourquoi ces suicides collectifs quasiment simultanés ? Avant d’avoir trouvé la moindre raison, à la génération suivante, l’ensemble des êtres humains dont leurs clones, les embryons congelés furent touchés par un virus qui effilocha le moindre brin d’ADN humain. Cette disparition offrit aux autres animaux de la Terre une possibilité de développement qu’ils n’avaient pas connue depuis des millions d’années.
Après plusieurs siècles de recherche, Êv Wma a réussi à reconstruire, à partir des données de génomes humains, des êtres humains vivants, sains de corps. Les premiers se suicidaient rapidement. Elle poursuivit ses recherches et parvint à déjouer le blocage qu’était pour les humains la prise de conscience de leur non-supériorité sur les autres êtres vivants.
La question qu’elle se posa toute sa vie, fut : « Le but de la vie est-il de transformer la matière inerte en pensée ? »

